Gardiens de phare – Lorsque le confinement devient une profession

Gardiens de phare, c’est un métier qui rime avec isolement et éloignement, ils passaient l’essentiel de leur temps sur une île ou le long du littoral, seul, loin de tout et de tous. Leurs seuls compagnons n’étaient nul autre que les animaux et les innombrables oiseaux, une trame sonore mettant en vedette le bruit des vagues déferlantes et des clapotis en guise de musique d’ambiance.

La mission des phares du Québec a bien changé au fil des années. Autrefois, ils étaient nombreux et servaient à guider les bateaux qui naviguaient sur les eaux du fleuve Saint-Laurent. Aujourd’hui, plusieurs phares ont été abandonnés et ont malheureusement disparu tandis que d’autres sont plutôt devenus des sites touristiques évoquant une importante page de l’histoire témoignant de notre riche patrimoine maritime.

Auparavant connu comme étant un métier traditionnel québécois et présent dans Charlevoix, les gardiens de phare étaient responsables de veiller à la sécurité des marins en plus d’entretenir et de s’assurer du bon fonctionnement du phare. Ces gardiens, fins connaisseurs et amoureux du fleuve Saint-Laurent, devaient s’assurer d’allumer le faisceau lumineux dès la tombée du jour et de l’éteindre chaque matin, sauf en cas de brume. Bien sûr, le métier de gardien de phare est aujourd’hui disparu, la modernisation du travail et l’automatisation des phares à partir des années 1960 ont grandement transformé le métier jusqu’à l’éteindre complètement.

Véritables sentinelles de la mer, les 43 phares toujours existants du Québec sont de fiers témoins de notre histoire maritime.

Découverte des phares de Charlevoix

Phare de la Pointe de la Prairie, Isle-aux-Coudres

Ce phare de quatre étages a été construit en 1971, sur un haut-fond au sud-ouest de l’Isle-aux-Coudres. Un espace avait été aménagé pour le gardien du phare, par contre il n’a jamais servi puisque celui-ci a été automatisé dès la fin de sa construction.

Phare du Cap-Saumon, Port-au-Persil

Un premier phare en bois a été construit sur ce site en 1894 et fut remplacé en 1955 par le phare actuel possédant une tour octogonale effilée en béton armé atteignant une hauteur de 14 mètres. L’ensemble des bâtiments, entièrement rénové par Monsieur Noreau, est situé sur un promontoire rocheux, presque sauvage, qui est difficilement accessible par la terre.

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Phare du Cap de la Tête au Chien, Saint-Siméon

Construit en 1909 sur le sommet d’un promontoire rocheux en face de l’Île-aux-Lièvres, ce phare mesure 11,6 mètres et se situe à 63 mètres au-dessus du niveau du fleuve. Il est très difficile d’accès puisqu’il est entouré de montagnes, on ne peut donc qu’y accéder par voie fluviale ou aérienne. Tout comme celui de Cap-Saumon, il a été désigné phare patrimonial en 2016 par le gouvernement du Canada, ce qui assurera sa protection et sa conservation pour les années futures.

Cap de la Tête au Chien (Cape Dogs) Lighthouse in autumn. #lighthouse #charlevoix #routedesphares #saintsimeon

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Phare de Pointe-Noire, Baie-Sainte-Catherine

Pointe-Noire se situe à la rencontre de l’estuaire du Saint-Laurent et du fjord du Saguenay. En plus d’offrir un panorama exceptionnel, c’est l’endroit rêvé pour observer les oiseaux et les mammifères marins présents dans le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent. Sur le site du Centre d’interprétation et d’observation de Pointe-Noire, on retrouve des feux d’alignement qui tiennent lieu de vigie à l’embouchure du Saguenay en plus des bâtiments du criard de brume et les maisons du gardien et de l’assistant gardien. Encore aujourd’hui, Pointe-Noire joue un rôle important en tant qu’aide à la navigation.

Bien qu’ils soient plutôt situés sur le territoire de la Côte-Nord, à la limite entre le village de Tadoussac et la région de Charlevoix, nous ne pouvons passer outre ces deux phares importants et très riches en histoire.

Phare de l’Île Rouge, Tadoussac

Ce phare a été établi sur le site de l’Île Rouge en 1848 afin de remédier aux multiples naufrages ayant eu lieu dans ce secteur dû à la présence de l’île elle-même et aux nombreux hauts-fonds environnants. Ce phare constitue l’un des plus anciens du Québec et a largement participé à rendre la voie navigable sécuritaire et ainsi favoriser le transport commercial d’importation et d’exportation au Canada. La tour s’élève à 15,5 mètres dans les airs et bien que ce soit un des premiers à être construit, c’est sans doute celui qui a le mieux conservé son aspect d’origine résistant tant à l’eau qu’aux sels marins.

Phare de l’île Rouge – Au milieu du Saint-Laurent, à la hauteur de la rivière Saguenay. #lighthouse #lighthouse_world #lighthousesofinstagram #lighthouse_captures

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Phare du Haut-Fond Prince, Tadoussac

Qui n’a jamais vu cette imposante « toupie » rouge et blanche en plein cœur du fleuve Saint-Laurent au sud de la baie de Tadoussac? Construit de 1961 à 1964, ce phare signale un danger important, soit un haut-fond situé directement à cet emplacement et le point de rencontre de puissants courants marins. Le phare est constitué de deux énormes cônes d’acier superposés; le premier supporte l’imposante tour et permet de rompre la glace tandis que le deuxième sert de brise-lames et d’héliport en plus d’être l’hôte des appartements du gardien de phare.

La « Toupie » a résisté à la pire tempête du Saint-Laurent, soit celle du 25 décembre 1966, qui a duré 36 interminables heures où les vagues déchaînées s’élevèrent jusqu’à 12 mètres de haut menaçant d’engloutir la structure tout en fracassant ainsi les fenêtres et défonçant les portes.

Ce phare est automatisé depuis 1987, à chaque 2,5 secondes un éclat lumineux visible jusqu’à 30 kilomètres surgit et les cornes de brume résonnent en cas de mauvais temps. Aujourd’hui, ce phare est devenu l’icône du charmant village de Tadoussac et il est possible de l’admirer de plus près lors des fameuses croisières aux baleines.

Sources:

  • Gouvernement du Québec, Ministère de la Culture et des Communication
  • Gouvernement du Canada, Parcs Canada
  • Gouvernement du Canada, Pêches et Océans Canada

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